6 AOÛT 2026 – HIROSHIMA COMMÉMORE LE BOMBARDEMENT ATOMIQUE DE 1945

Hiroshima a souligné jeudi le 81e anniversaire du bombardement atomique américain de cette ville de l’ouest du Japon.

Pour nous, notre responsabilité en tant que naturistes, il est essentiel de promouvoir le respect : le respect de soi, des autres et de l’environnement. En cette journée particulière, nous ajoutons le respect des êtres humains en général.

Il est notre devoir continuer à commémorer cet événement, car rien n’est jamais gagné. La menace nucléaire sera toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et il suffit d’un fou (ce n’est pas ça qui manque) pour provoquer la fin de l’humanité (vous avez dit humanité?). Et humanité est un mot passé de mode et bien galvaudé, de nos jours…

Se souvenir d’un tel événement, c’est cultiver une vigilance collective plus que nécessaire parce que la paix est fragile. Car malheureusement l’histoire nous démontre à chaque jour que l’homme n’apprendra définitivement jamais de ses erreurs… Et malheureusement, les principales victimes des guerres sont surtout des civils sans défense.

Crédit photo : Picryl.com

Les 6 et 9 août 2026.

Hiroshima : le 6 août 1945, à 8 h 16 (le 5 août, à 19 h 16, heure de Québec);

Nagasaki : le 9 août 1045, à 11 h 02 (le 8 août, à 0 h 02, heure de  Québec).

Tsutomu Yamagushi, témoignage d’un hibakusha

« Tsutomu Yamaguchi a été surnommé  » l’homme le plus chanceux et le plus malchanceux de la planète « . Officiellement, il est le seul homme à avoir survécu à deux bombes nucléaires. Il était à Hiroshima, le 6 août 1945, pour son travail puis à Nagasaki, sa ville natale, le 9 août.« Tsutomu Yamaguchi était au mauvais endroit, au mauvais moment, à deux reprises. Ce Japonais, né à Nagasaki, a été le seul homme reconnu comme double  » hibakusha « , survivant des deux explosions nucléaires.« Ce 6 août 1945, Tsutomu Yamaguchi, alors âgé de 29 ans, a passé sa dernière journée à Hiroshima : il venait d’y passer trois mois, sur les chantiers navals de Mitsubishi Heavy Industries en tant qu’ingénieur. Il était encore tôt, mais le Japonais était déjà réveillé, et s’apprêtait à rejoindre les chantiers à pied.  

 » Je me trouvais sur un terrain plat et ouvert, avec des champs de pomme de terre de chaque côté « , a-t-il plus tard raconté dans son livre Le Camphrier irradié.  

« Vision trouble, les tympans percés, brûlures au troisième degré

 » C’était une matinée magnifique, il n’y avait rien de spécial et j’étais de bonne humeur « . Mais, ce temps clément a été de très courte durée et alors que le japonais se dirigeait vers son lieu de travail, il  » entendit un bruit d’avion, un seul « . Cet avion, c’est l’  » Enola Gay « , un bombardier B-29.  « À son bord se trouvait alors la bombe américaine  » Little Boy  » : elle contenait 64 kg d’uranium 235. L’arme a été lâchée sur Hiroshima, ciblée pour son centre de commandement de l’armée. Il était précisément 8 h 16 quand la terre et le ciel se sont renversés : en quelques secondes, c’est l’équivalent de 15 000 tonnes de TNT qui sont tombées sur la ville portuaire, de quoi la transformer en véritable brasier.  

« Des quartiers entiers sont rasés de la carte, et, sur près de 250 000 habitants, plus de 75 000 personnes sont décédées sur le coup. Tsutomu Yamaguchi, lui, se trouvait à seulement 3 kilomètres du champignon et s’est retrouvé propulsé au sol.  » Il y eut comme un grand éclair de magnésium dans le ciel. Une lueur aveuglante et je fus balayé comme un fétu de paille. Je ne savais pas ce qui arrivait. Je pense m’être évanoui pendant un certain temps. Quand j’ouvris les yeux, tout était sombre et je ne pouvais plus voir grand-chose « .

Crédit photo : Picryl.com

« En effet, la bombe et sa déflagration ont touché l’ingénieur : il perd connaissance pendant un moment et, lorsqu’il s’est réveillé, il avait la vision trouble, les tympans percés. Comme beaucoup, il a aussi été brûlé au troisième degré, au visage et aux bras.

« Avec sa vision obstruée, Tsutomu Yamaguchi a été le témoin des corps brûlés autour de lui, d’  » une immense colonne de feu en forme de champignon qui montait à l’assaut du ciel  » , et des débris radioactifs qui sont tombés sur lui, comme une pluie noire.

« Malgré ses blessures, le jeune homme est néanmoins parvenu à trouver un refuge pour la nuit, avec un seul objectif en tête : retourner dans sa ville natale de Nagasaki et sa famille.

 » J’ai tout de suite deviné que c’était le même qu’à Hiroshima « 

« Lorsque Tsutomu Yamaguchi a rejoint la gare, dans l’espoir de rejoindre Nagasaki avec deux de ses collègues, il a dû enjamber un nombre incalculable de cadavres.  » Leur peau rouge pendait de leur corps. Sans leurs cheveux, on ne pouvait plus distinguer s’ils étaient des hommes ou des femmes « .

« L’ingénieur est néanmoins parvenu à prendre un train pour sa ville de naissance. Il a retrouvé sa femme, et ses fils. Le dernier né était seulement âgé de quelques mois à l’époque. Malgré ses blessures, Tsutomu Yamaguchi a insisté pour retourner travailler le lendemain. 

« Ainsi, le 9 août 1945, alors que ses collègues le questionnaient sur le ravage à Hiroshima, il a compris que l’histoire se répétait.

 » Au moment où on me disait qu’il était incroyable qu’une seule bombe puisse anéantir Hiroshima, un éclair a jailli. J’ai tout de suite deviné que c’était le même qu’à Hiroshima « , a raconté le Japonais, dans son œuvre.

« En effet, trois jours seulement après la première bombe, les Américains larguent  » Fat Boy  » sur Nagasaki, la bombe la plus puissante jamais utilisée sur des civils. Tsutomu Yamaguchi s’en est sorti avec moins de blessures physiques, mais a souffert d’une forte fièvre et de vomissements.

Pli premier jour émis en 1972 pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires

© 2026 Riku – ANCN

« Quatre cancers

« Pendant longtemps, l’ingénieur a caché son histoire, à la demande de ses parents. À cette époque, les survivants des bombes nucléaires étaient particulièrement mal vus : ils étaient discriminés, dans la société comme dans le monde du travail, notamment à cause des problèmes de santé qu’ils pouvaient avoir.

« ll est finalement sorti du silence après des décennies, suivant la mort de sa femme et de ses deux fils, tous victimes de cancers. L’ancien ingénieur était convaincu que les radiations étaient derrière ces maladies.

« Dans une tribune de l’ONU, en 2006, il a appelé à l’abolition des armes nucléaires, et a aussi participé à plusieurs documentaires. Il est décédé, à son tour, d’un cancer le 4 janvier 2010.  » 

(In : CNews; Qui est Tsutomu Yamagushi, la seule personne ayant survécu aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki?Qui est Tsutomu Yamaguchi, la seule personne ayant survécu aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki ?).

Pour que l’on n’oublie jamais!

PS : Nous vous recommandons fortement le livre de Peter Townsend, Le facteur de Nagasaki  (The Nagasaki Postman, en version originale anglaise) publié aux Éditions Les Belles lettres, en 2025). Il raconte, à travers l’histoire d’un jeune facteur et son amitié avec l’auteur, la tragédie de la bombe atomique sur Nagasaki. C’est bouleversant!

Michel M. et Richard Ouellet

© 2025 Riku – ANCN

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